Si tu préfères, voici l’article sous forme audio!

Ne te laisse pas enfermer dans une case!

Petite expérience de vie gorgée d’apprentissages…

Nous avons tous au moins une blessure principale, le plus souvent contractée durant notre petite enfance (voire dans la vie intra-utérine ou nos vies antérieures si nous y croyons). Cette blessure va s’ancrer profondément en nous, jusqu’à nous donner l’illusion qu’elle est « nous », que nous sommes « elle ». Autour d’elle vont se lever des bataillons de réactions en chaîne missionnées pour nous protéger coûte que coûte de ne pas avoir à revivre le type d’événement initiateur de la dite blessure.

De façon très schématique, disons que la blessure qui prenait beaucoup de place dans mon existence m’a fait enregistrer que je n’ai pas été « validée », que je ne suis pas « celle qu’on attend » avec des sous-couches du style : « être en lien, c’est dangereux, ça se termine toujours ». Du coup, je mettais en place diverses stratégies. D’abord inconsciemment puis, à force de travailler sur moi, de manière consciente pour d’une part, éviter/saboter les relations dans lesquelles j’allais pouvoir être reconnue à ma juste valeur (puisque ça allait à l’encontre de ma croyance : je ne suis pas valable) et d’autre part, aller vers des relations dans lesquelles je ne serai effectivement pas aimée à ma juste valeur me confortant ainsi dans l’idée que je n’étais effectivement pas à la hauteur : « Je le savais, je ne suis pas assez… »

Une des stratégies que j’ai beaucoup utilisée pour saboter des relations dans lesquelles j’aurais pu me sentir à ma place et épanouie était l’annulation de dernière minute. C’est un comportement que j’ai souvent envie de remercier car la souffrance qu’il a fini par causer en moi est ce qui m’a permis de le transformer : la douleur de ses conséquences (la perte ou l’essoufflement d’une relation) était devenu plus important que la peur d’oser vivre la relation dans laquelle j’allais me sentir à ma place et le risque éventuel que la relation se termine… un jour.

Il se fait que cette stratégie « annulation » a bien été la mienne à un moment de mon existence.

Mais qu’elle ne l’est plus aujourd’hui.

Pour fêter cette victoire sur moi-même, j’avais décidé de fêter mon anniversaire avec les amis de longue date que j’avais « malmenés » et les belles âmes que j’avais croisées sur la Toile et dont j’avais très envie de faire la connaissance. Sauf que, à peine une semaine avant celui-ci, proposition m’est faite de partir quelques jours à Rome tous frais payés et ce, juste durant la période incluant mon anniversaire. Après avoir soigneusement écouté mes besoins du moment : après plus de 3 mois de pause forcée loin de mon job N°2, je n’aspirais qu’à une chose, me ressourcer sereinement dans un cadre qui m’est cher; j’ai donc pris la décision d’annuler la fête prévue pour respecter mes besoins tout en me reliant à la déception et/ou la contrariété qui auraient pu être celles de mes convives.

C’est alors que l’expérience devint encore plus intéressante…

Les personnes qui n’avaient jamais eu à faire à ma stratégie « annulation » se sont réjouies de cette belle opportunité qui s’offrait à moi. Ceux qui la connaissaient ont eu diverses réactions et diverses façons de l’exprimer, la plupart pleine d’amour, même si certaines maladroites à mon coeur. Une pourtant m’attrista plus particulièrement. Je reçus juste « mdr. Quel beau sabotage »…

Selon mon petit processus habituel, j’ai d’abord pris le temps d’accueillir mon ressenti, mes émotions, mes sensations. Je ressentis d’abord une certaine tristesse face à une affirmation que j’ai vécue comme un  enfermement dans la Delphine que je n’étais plus. J’avais pris la peine de sonder mes besoins et d’oser prendre une décision pour y répondre. Je me sentais sereine par rapport à ce choix et je recevais une affirmation qui me disait le contraire sans qu’on ait pris la peine de vérifier ce qui avait motivé ma décision. J’avais besoin d’être acceptée telle que je suis aujourd’hui et pas rangée dans une case.

J’ai ensuite rejoint en pensée cet autre dont l’élan partait sûrement d’une bonne intention : attirer mon attention sur un comportement qu’il pensait être un sabotage.

Enfin, je me suis renvoyée le comportement en me demandant si, moi aussi, il m’arrivait de classer les autres dans une case et, ce faisant, ne lui laissais pas la possibilité d’en sortir, de grandir, d’évoluer, d’être autre chose que cette étiquette soigneusement collée sur la beauté qu’il est, en vérité… Je t’invite aussi à te poser honnêtement la question. Evitons de confondre les comportements et la personne. Evitons de stigmatiser l’Autre, de l’identifier aux comportements qu’il a eu, un jour… Il est bien plus que cela… Tu es bien plus que cela… En vérifiant ce qui provoque un comportement chez l’autre, nous évitons de lui couper les ailes et nous lui donnons l’opportunité de se positionner.

« Traitez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils pourraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils sont capables d’être. » – Goethe

« Je ne me censurerai pas pour te faire plaisir.

Je ne voilerai pas ma vérité pour te rassurer.

Je ne ferai pas taire mes mots pour épargner tes oreilles,

ni ne changerai mon cœur pour entrer dans les cases de tes définitions.

Je cherche ceux qui n’exigent pas que je prenne la forme qu’ils ont sculptée,

car ils savent que je briserai le moule.

J’étreins ceux qui m’étreignent telle que je suis, fluide et insaisissable,

changeante dans mon éveil et brûlant du feu de ma passion,

m’élevant vers ce pour quoi je suis née.

Me conformer à des étiquettes que tu as étalées pour que je les porte …

Je les brûle toutes, et je marche nue dans l’acceptation de mon âme »

Ara

 Au plaisir de te lire ♥ !
Delphine